Rencontre avec Elise Ginioux, présidente du jury du Prix Innovation Responsable

Elise Ginioux, directrice communication et RSE pour Generali France accepté de présider le jury de ce nouveau prix. Elle revient les raisons de son implication dans ce joli projet.

Elise Ginioux, Generali

1/ Vous avez accepté de présider le prix de l’innovation responsable de la Fragrance Foundation France et nous en sommes ravis. Pourquoi ce prix est-il important pour vous ?

La France est indéniablement l’un des acteurs majeurs de la parfumerie et du luxe dans le monde. C’est un secteur où l’excellence et l’innovation lui ont permis d’exercer son leadership, tout en gardant un fort ancrage local tant en termes d’emplois directs que d’emplois indirects. Leader européen de l’assurance et poursuivant également une démarche d’excellence, Generali se retrouve doublement dans cette culture. Assureur de proximité et acteur-clé de l’économie locale sur le long terme, nous disposons de l’expertise pour accompagner les entreprises de toutes tailles à chaque stade de leur développement. 

Ce prix est important car c’est un marqueur fort de l’engagement du secteur de la parfumerie autour des enjeux et des défis du développement durable. En tant qu’assureur, nous sommes très sensibles aux impacts du changement climatique, à l’effondrement de la biodiversité, aux crises sécuritaires et sanitaires, aux respects des droits humains pour ne citer que les plus saillants : autant d’enjeux forts qui traversent nos sociétés, et de risques systémiques que nous devons réduire, voire éliminer. Or l’attachement important que nos contemporains peuvent avoir à l’égard du secteur de la parfumerie est un formidable levier de conversion vers des pratiques plus responsables. 

Le prix « Innovation Responsable » porté par la Fragrance Foundation France trouve donc un écho naturel à notre approche du métier où ancrage local, RSE et innovation constituent des facteurs-clés de la résilience de notre économie. Pour toutes ces raisons, nous sommes très fiers d’y être associés.

2/ Ingrédients clean, recyclage, 100 % naturel, chimie verte… Depuis 20 ans, la parfumerie se positionne comme une industrie davantage durable avec des initiatives nombreuses et diverses. Que signifie pour vous une parfumerie durable ? À votre avis, quelle est la priorité pour la filière ?

C’est vrai, la parfumerie durable présente de moins en moins un caractère exceptionnel mais, en tant qu’observatrice externe, il me semble que cela n’est pas pour autant encore reconnu par la majorité des consommateurs. Il y a donc un enjeu de communication, de pédagogie, de transparence et de « faire savoir ». 

Pour les plus réticents, je plaiderais qu’une parfumerie durable est, à l’avenir ou à plus court terme, un facteur d’attractivité et de fidélisation des talents, des clients et des investisseurs.

Les sujets liés à la durabilité de la filière sont nombreux mais me paraissent former une cohérence générale qui fait sa force. De la mise en place de filières d’approvisionnements durables, prenant en compte la préservation de la biodiversité ou les circuits courts, à l’éco-conception du produit et la recyclabilité de certaines matières, en passant par l’optimisation des processus de fabrication : toutes ces dimensions sont portées par l’innovation et l’engagement d’une filière très diverse. L’alliance de grands groupes à des petites structures et à des artisans virtuoses peut être un exemple à suivre pour d’autres secteurs où dialogue et coopération sont encore embryonnaires.

3/ Les sociétés des secteurs du parfum et du luxe communiquent de plus en plus sur la RSE. Cette tendance initiée en B2B commence à se développer dans le discours auprès des clients. Pensez-vous que c’est une tendance forte des prochaines années ? En quoi est-ce bénéfique pour le secteur ?

Au-delà d’une tendance, c’est un engagement de fond et une nécessité autant morale qu’économique.

Les conditions RSE de conception d’un parfum deviendront rapidement aussi importantes que le parfum lui-même  dans l’acte d’achat et pour générer de la préférence de marque auprès des consommateurs – pas seulement chez les plus jeunes ou les plus équipés en apps comparatives de type Yuka. La crise sanitaire que nous traversons est probablement un accélérateur de cette lame de fond : le Covid illustre l’importance de maîtriser et de préserver les écosystèmes.

En matière de communication, il faut bien entendu rester prudents et humbles pour ne pas tomber dans le « greenwashing ». Le rôle de la Fragrance Foundation France est à ce titre exemplaire en renforçant la visibilité des meilleures pratiques et en montrant que les marques peuvent préserver leur identité dans cette transformation RSE.

4/ Revenons au parfum. Dans la vie de tous les jours, quelles odeurs vous font vibrer ? 

Les parfums et les odeurs ancrés dans mon enfance bien entendu ! « Poison » que portait ma mère, un parfum entêtant qui s’accroche si bien aux vestes en cuir en se mêlant aux odeurs de tabac de sa salle des professeurs. Et mes souvenirs d’étés méditerranéens : des émotions sensorielles fortes qu’un écrivain comme Albert Camus décrit si bien, de « Noces » au « Premier Homme », en passant par « L’Eté »… Le sel marin, la végétation tellement brûlée par le soleil plombant, tout cela a une odeur. « Qu’ai-je besoin de Dionysos pour dire que j’aime écraser les boules de lentisques sous mon nez ? »

Execution is What Matters : https://youtu.be/DDjzt0LVCmg

www.segui-paoli.generali.fr

Comme la Fragrance Foundation France, le groupe soutient les talents et savoir-faire de la filière parfum. Le Cabinet Paoli & Segui est sponsor et partenaire de l’Association. 

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