Depuis quelques années, l’univers du parfum s’est enrichi d’expressions nouvelles flirtant souvent avec l’anglicisme : néologismes, emprunts au marketing, aux codes d’Internet et à la culture pop, souvent popularisés par les réseaux sociaux. Ils reflètent l’évolution des usages, des gestes et des façons de parler du parfum. Voici donc un lexique spécialement conçu pour en décoder les nuances.
Par Lionel Paillès
Aromachologie | Science des effets des odeurs sur les émotions et le comportement, qui inspire aujourd’hui certaines marques de parfum. Certaines d’entre elles évoquent une parfumerie “fonctionnelle” qui prétend apporter autre chose que ses seules qualités hédoniques : bien-être, relaxation…
Beast mode | Terme anglo-saxon, emprunté à l’univers du sport et de la pop culture, pour décrire un parfum à la tenue et la projection extrêmes, capable de véritablement “imposer sa présence”.
Boozy notes | Notes chaudes, liquoreuses, inspirées par l’univers des spiritueux (un rhum ambré, un whisky vieilli en fût…). Les notes ambrées et vanillées, les résines (benjoin, labdanum) ou les épices chaudes permettent d’évoquer cette impression.
Fragrance swaps | Désigne l’échange de parfums entre passionnés (au lieu d’un achat classique) sur des groupes Facebook ou Instagram. Le swap peut inclure des notes, des impressions, des mini-critiques, pas seulement le parfum lui-même.
Inclusif | Une approche du parfum qui s’affranchit des catégories masculines ou féminines et qui vise une plus grande accessibilité, transparence et responsabilité.
Logo olfactif | Comme un logo graphique, il sert à identifier immédiatement la marque par le sens de l’odorat. On parle aussi de “signature olfactive” ou de “fragrance branding”.
Néo-gourmands | Évolution des parfums gourmands traditionnels vers des créations plus audacieuses, plus sophistiquées (sucré-salé, café épicé, caramel salé, pistache…). On parle aussi de gourmands 2.0.
Oversprayer | Terme moqueur désignant une personne qui applique trop de parfum, illustrant les nouvelles normes sociales et comportements liés à l’usage du parfum.
Qualité perçue | Un concept marketing venu de l’industrie, mais repris par les amateurs : ce n’est plus tant la composition ou l’ancienneté d’une maison qui compte, mais le sentiment que le parfum “vaut” ce qu’on en paie, qu’il correspond à l’image qu’on souhaite donner.
Slow fragrance | Inspiré du “slow food” ou de la “slow fashion”, ce terme désigne une approche plus lente et réfléchie du parfum : mise en avant de l’artisanat, de la durabilité, d’ingrédients naturels, de petites productions et d’une expérience sensorielle plutôt que de la simple consommation.
Skin scent | Un parfum très proche de la peau, intime, presque imperceptible pour les autres. À l’opposé du sillage puissant et démonstratif.
Skinification | Lorsque le parfum devient aussi un soin pour la peau (notes douces, huiles nourrissantes), proche des routines beauté.
Smellmaxxing | Ce terme anglo-saxon qui désigne la tendance, populaire chez certains jeunes hommes (et plus largement dans la jeunesse), à “maximiser” son odeur corporelle en multipliant les parfums, en superposant les couches pour produire un effet fort, distinctif, presque “signature”.
Vert moderne | Un mélange d’odeurs de feuilles, tiges, herbes, sans effet “terreux”.