Thierry Roger raconte la Maison Robertet

Ancrée dans le bassin grassois, la Maison Robertet est une entreprise familiale indépendante qui cultive son savoir-faire avec passion depuis quatre générations. Farouche défenseur de la Nature, Robertet a su gagner le cœur et l’estime des parfumeurs grâce à des matières premières d’une qualité exceptionnelle. Entretien avec Thierry Roger, directeur RSE et Développement durable du Groupe.

Robertet est ancré à Grasse, berceau de la parfumerie française, depuis toujours. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos liens avec la culture locale de la rose et du jasmin, et également sur ce nouveau projet de relance de la culture de verveine dans le Var tout proche?

De tout temps, Robertet a maintenu des liens étroits avec les producteurs locaux de rose et de jasmin. Cela n’a jamais été une question de mode au sein du Groupe, mais une conviction, que le temps n’a jamais amoindrie, de la nécessité de faire perdurer cette activité localement, pour deux raisons : la qualité reconnue de ses extraits et la participation à la vie économique des territoires où Robertet est née, il y a 170 ans.
Dans cette logique, Robertet a investi pour relancer la production de verveine dans le Var, département voisin. Le Groupe a financé la plantation de jeunes pousses ainsi que la mise en place d’un système d’irrigation au goutte-à-goutte. Alors que la production de verveine dans la région était en voie de disparition, sous l’effet combiné de cultures arrivant en fin de vie et d’une concurrence accrue de produits venant d’Afrique du Nord, le Groupe a développé un partenariat avec un agriculteur local qui produira de la verveine dès 2021 pour le compte de Robertet.

Un certain nombre des ingrédients naturels que propose Robertet sont certifiés biologiques. Quelle est la différence entre un ingrédient naturel certifié biologique et un autre qui ne l’est pas? Pensez-vous qu’il s’agit là de l’avenir de la parfumerie? 

Cultiver biologique, c’est un état d’esprit qui conjugue respect de la terre et respect des hommes. La différence entre un ingrédient naturel certifié biologique et un autre qui ne l’est pas réside essentiellement dans la façon dont le produit est cultivé. L’agriculture biologique est une pratique vertueuse qui n’utilise pas d’intrants non renouvelables, issus de la pétrochimie (fertilisants et pesticides) et qui peuvent avoir un impact non négligeable sur la santé humaine  et sur l’environnement.
Cet état d’esprit n’a pas encore conquis la création en parfumerie mais nous imaginons qu’à terme, les exigences renforcées des consommateurs envers un monde plus sain et plus vertueux nous conduiront à créer à partir de substances aussi propres que possible à tous égards. 

Une autre piste de travail chez Robertet est l’aroma-cosmétique. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit exactement, et quelles sont ses applications en parfumerie fine? 

Depuis le début de la création en parfumerie, nos parfumeurs utilisent des extraits naturels aromatiques (huiles essentielles, absolues, résinoïdes, pour ne citer que les plus courants) pour lesquels nous avons identifié de nombreux bénéfices cosmétiques.
Appliqués sur la peau (via une eau de toilette ou un produit de beauté), ces extraits aromatiques contribuent non seulement à l’odeur agréable du produit fini, mais apportent aussi un bénéfice cosmétique. Par exemple, nous avons constaté que notre absolue de rose avait une activité anti-élastasique, contribuant ainsi au maintien de l’élasticité cutanée que nous perdons avec l’âge, et ce à des concentrations habituelles en parfums pour crème visage, par exemple.
Nous faisons de la recherche sur cette thématique depuis près de 20 ans maintenant, mais elle reste davantage utilisée en cosmétique qu’en parfumerie fine, même si certains de nos clients se sont exercés avec des concepts « à cheval » entre ces deux mondes, en mettant sur le marché des eaux de soins, à la fois parfumantes et actives. 

Robertet

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