Le Prix Jasmin renaît pour célébrer celles et ceux qui font vivre la culture du parfum

Par Lionel Paillès

Après plusieurs années d’interruption, le Prix Jasmin revient en 2026 avec une ambition élargie : distinguer celles et ceux qui contribuent, par leurs mots, leurs images ou leur regard, à faire connaître et comprendre l’univers du parfum. Portée conjointement par la Fragrance Foundation France et L’Oréal, cette nouvelle édition élargit son champ d’action pour distinguer toutes celles et ceux qui contribuent à faire comprendre le parfum, qu’ils soient journalistes, auteurs, photographes, créateurs de contenus ou influenceurs.

Créé en 1983 par le Comité Français du Parfum, le Prix Jasmin s’était donné pour mission de saluer la qualité du regard porté sur l’univers olfactif. Journalistes, photographes et illustrateurs furent les premiers à recevoir cette distinction, qui allait accompagner l’évolution de la presse et de l’écriture consacrées au parfum. Dès ses débuts, le prix affirmait ainsi une idée simple : un parfum ne se résume pas à une formule ou à un flacon. Il devient aussi une histoire dès lors que quelqu’un trouve les mots, les images ou le point de vue pour le raconter.

L’arrivée, en 2009, d’une catégorie dédiée à Internet témoignait déjà de cette volonté d’accompagner les mutations des médias. En 2026, le dispositif franchit une nouvelle étape avec cinq catégories : presse écrite, contenus Web, photographie, influence et livres. Un périmètre qui correspond aux nouveaux territoires dans lesquels s’élabore aujourd’hui le discours sur le parfum.

Du journalisme à la création de contenus

Cette nouvelle formule ne cherche pas à récompenser la seule exposition médiatique des marques ou des nouveautés. Elle privilégie les contributions qui apportent un éclairage, une analyse ou une véritable dimension culturelle. Dans la presse, la sélection porte notamment sur les sujets de fond — tendances, enquêtes, décryptages ou analyses — publiés dans des magazines distribués en France en 2025. Les articles consacrés à une seule marque, les pages commerciales, les publi-reportages, ainsi que les simples avis sur des lancements, ne sont pas retenus.

Le même principe guide la sélection sur Internet, où l’attention se porte sur les contenus francophones publiés au cours de l’année 2025 et présentant un véritable travail éditorial. La photographie est envisagée dans cette même perspective : l’image doit participer à une réflexion ou à une narration autour du parfum. Quant à l’influence, elle fait l’objet d’un examen spécifique, fondé sur la qualité et la pertinence des contenus diffusés sur les réseaux sociaux, à l’exclusion des publications sponsorisées.

À travers ces critères, le Prix Jasmin entend distinguer moins ceux qui parlent le plus du parfum que ceux qui savent le regarder autrement. Matières premières, histoire, création, savoir-faire, mutations de l’industrie ou évolution des usages : autant de sujets qui permettent de replacer l’objet parfum dans une histoire plus vaste, celle des goûts, des cultures et des sensibilités.

Un jury entre création, médias et culture

Pour accompagner cette nouvelle édition, un jury réunit des personnalités venues d’horizons différents, mais partageant une même connaissance de la création et de la transmission.

Présidé par l’historienne du parfum Élisabeth de Feydeau, il rassemble Azadeh Zoraghi, de l’agence Narcisse ; Balla Fofana, journaliste et écrivain ; Bénédicte Epinay, du Comité Colbert ; Charlotte Bouteloup, journaliste ; Disruptive Beauté et Ikram El Hazzat, influenceuses ; Dominique Estrosi Sassone, sénatrice ; Emmanuelle Lannes, directrice de Marie Claire ; Gérard Delcour, pour la FEBEA ; Juliette Karagueuzoglou, Senior Perfumer chez IFF ; Nicolas Bordas, publicitaire ; Olivia de Lamberterie, journaliste et critique littéraire ; Olivier Cresp, Maître Parfumeur chez dsm-firmenich ; Patricia Thouanel, de CosmetiqueMag ; Philippe Ughetto, pour la Fédération Française de la Parfumerie ; et Pierre-François Le Louet, de NellyRodi.

Cette diversité de profils constitue l’une des caractéristiques de la renaissance du prix : confronter les regards de professionnels du parfum à ceux qui viennent de la littérature, de la photographie, du journalisme, de la communication ou des institutions culturelles.

Une sélection exigeante en trois temps

Le calendrier de cette édition s’articule autour de trois étapes. Les membres du jury ont reçu avant l’été les contenus et les ouvrages issus de la présélection. Ils procéderont à leur évaluation au cours des prochaines semaines, afin de faire émerger les finalistes à la fin du mois de septembre.

Le 13 octobre, le jury se retrouvera à la Maison de Beauté Carita pour la délibération finale. Le palmarès sera ensuite annoncé le 5 novembre, à partir de 11 heures, au Visionnaire, lieu consacré à la création et à l’innovation de L’Oréal, installé dans son siège historique de la rue Royale à Paris. La cérémonie sera suivie d’un déjeuner.

Plus de quatre décennies après sa création, le Prix Jasmin revient donc avec un territoire élargi, mais une ambition intacte. Celle de rappeler que le parfum appartient aussi à la littérature, au journalisme, à la photographie et, désormais, aux nouveaux espaces de création numérique. Une façon de considérer l’olfaction non comme un simple produit, mais comme un objet culturel dont les mots et les images prolongent la présence.

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