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L’ombre dans l’eau – diptyque

L’OMBRE DANS L’EAU – DIPTYQUE, retour sur ce parfum mythique.

SERGE KALOUGUINE, CHRISTIANE MONTADRE-GAUTROT, YVES COUESLANT, DESMOND KNOX-LEET

DATE DE CRÉATION : 1983

Diptyque ? La vision d’un triptyque, un « fabulous 3 » né sous le signe des sixties. Christiane Montadre-Gautrot est architecte, Yves Coueslant, décorateur et administrateur de théâtre, Desmond Knox-Leet, peintre et graphiste. On est sur le boulevard Saint-Germain en 1961, le tissu Liberty repris par Cacharel sera bientôt de toutes les robes. Le trio, lui, propose des tissus d’ameublement opulents aux imprimés colorés. De cette amitié aussi féconde par essence que le Bloomsbury Group de Virginia Woolf, naît un concept store parisien et avant-gardiste, aux bougies parfumées et colorées, aux Vinaigres de Toilette, aux objets ethniques et aux premiers sillages s’aventurant au fil de l’eau. Il faut dire qu’à ces trois amis de campagne artistique, un quatrième personnage vient se rajouter: Serge Kalouguine, parfumeur pour la maison de composition Fragonard, à l’écriture épurée et dont les rêves transitent par des fluides imaginaires. L’Ombre dans l’eau, sa troisième composition pour diptyque fait surface en 1983 après l’évocation par Dido Merwin, créatrice des pots-pourris de la maison, d’une promenade au bord d’une rivière de Normandie, un cygne immaculé s’y reflétant. Une brassée de cassis et de roses cueillis puis mis à portée de nez, nourrit le rêve de roses sauvages et humides. L’eau de toilette se révèle petit à petit dans sa version végétal glam, avec, en surface, ses notes vertes et crissantes de cassis et de bergamote. Puis elle se fait plus ombragée, presque chyprée, envahie de rose de Bulgarie, de mousse de chêne, d’ambre et de vétiver, comme un jardin insolite qu’il convient de découvrir. Sur peau, elle ruissèle d’originalité, c’est probablement pour cela que son côté naturaliste reste en tout point moderne. Tout comme sa pudique affirmation non genrée et son flacon au bel ovale, estampillé d’une encre de Chine … Difficile en effet de passer à côté de la plume de Desmond, son trait, ses encres, qui d’un point à l’autre, raconte son obsession pour une nature rêveuse et libérée.